Sandra du 101 Restaurant : l’esprit de famille au cœur de Saint-Roch
Sandra et le chef Charles Gignac tiennent le 101, rue Saint-Joseph Est, un restaurant recommandé par le Guide Michelin. Parents et copropriétaires, ils mènent le restaurant comme le reste de leur vie : en duo, chacun avec ses forces et ses limites.
Le 101 Restaurant · 101, rue Saint-Joseph Est, Québec (Saint-Roch)

Le restaurant et la maison
Le 101 a ouvert ses portes en décembre 2021. Avec un tout-petit à élever, le partage des rôles s’est fait naturellement. Sandra a pris tout ce qui se fait loin du plancher : la paie, les ressources humaines, les réseaux sociaux, la coordination du personnel. Elle fait encore du service à l’occasion. Elle gère aussi l’Appart Hôtel Le Saint-Anselme, les appartements touristiques situés au-dessus du restaurant. Même les locataires d’en haut font un peu partie de la maison : quand l’un d’eux réserve une table au 101, on lui prépare une petite attention.
Leur fils, lui, fait partie du décor. Quand il passe au restaurant, il court un peu partout. Concilier entreprise et vie de famille reste un défi, reconnaît Sandra, mais c’est un objectif qu’ils poursuivent ensemble, et qu’ils souhaitent aussi aux gens qui travaillent avec eux. Cet esprit plaît d’ailleurs à tout le monde au 101.

Chacun son terrain
À deux, ça tient parce que chacun connaît son rôle. Sandra et Charles, ensemble depuis 14 ans et fiancés, ont une règle simple : on ne marche pas sur le terrain de l’autre. La cuisine appartient à Charles, qui a fait ses classes à Fontevraud, près de Saumur, en France. Sandra ne s’en mêle pas : il est très bon dans ce qu’il fait. Le service appartient à Sandra, diplômée en communication de l’Université Laval, arrivée en restauration un peu par hasard. Quand elle tient vraiment à une idée, il la laisse aller. Les désaccords existent, mais ils sont rares.
Pendant notre entrevue, Charles a d’ailleurs pris une pause en cuisine pour venir nous porter des mignardises : des biscuits pistache et chocolat, des macarons au caramel au beurre et d’autres petites douceurs. Le genre d’attention qu’on réserve d’habitude aux clients en fin de repas.
Une équipe tissée serrée
Ces liens s’étendent au personnel, qui a appris à tourner de façon autonome en service. En 2026, on y compte 12 personnes, dont la sommelière Rosalie. Annabelle est là depuis le premier jour, et Thomas est en cuisine depuis 2023, une longévité rare en restauration. D’ailleurs, au 101, les pourboires sont partagés à parts égales, cuisine comprise.
C’est la plus grande fierté de Sandra, avant même les assiettes : avoir bâti une entreprise avec un groupe soudé, qui s’apprécie aussi en dehors du travail.
Une communauté de quartier
Le même esprit déborde sur la rue. Sandra et Charles habitent à trois rues du restaurant, dans Saint-Roch, où ils vivaient bien avant d’ouvrir. Entre restaurateurs du coin, il n’y a pas de compétition : quand il manque un ingrédient au 101, on court au Clocher Penché, et l’inverse arrive aussi. Pour Sandra, on fait tous la même chose : on nourrit des gens. Elle croit même que la rue, avec Saint-Sauveur, pourrait devenir la plus grande rue gourmande de Québec.
Juste derrière, le 101 a aussi une petite sœur : chez GUS, une guinguette qui reprend le jaune et le vert de l’ancienne façade de l’immeuble. L’été, sa petite terrasse fonctionne à plein. Comme on y passe souvent avant ou après un souper dans un autre restaurant du coin, ils ont eu l’idée de la faire vivre l’hiver aussi, avec des dégustations.
Savoir lâcher prise
Garder tous ces liens vivants demande aussi d’apprendre à lâcher prise. La liste de choses à faire de Sandra ne se vide jamais : dès qu’elle coche une case, quelqu’un lui confie une nouvelle mission. Elle fait avec. Le soir, son fils va au parc, et c’est très bien comme ça.
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Théophile Nzungize
Co-fondateur, éditeur

Sabrina Raquer
Co-fondatrice, création
