Giselle, de Pièce à Pièce : le coin casse-tête de la rue Saint-Jean
Pièce à Pièce a ouvert à la fin juin 2026 sur la rue Saint-Jean. Derrière le comptoir, Giselle, une passionnée de casse-têtes qui en fait aussi en compétition, contre la montre.

Une boutique qui ne vend que des casse-têtes, ça ne marchera jamais. Giselle l'a entendu souvent. Même après l'ouverture, des clients lui souhaitaient de ne pas fermer le mois suivant. Son raisonnement à elle était simple : si une librairie peut vendre seulement des livres, une boutique peut vendre seulement des casse-têtes. Elle se décrit comme une personne positive, et le quartier l'a très bien accueillie.
Ce qui distingue l'endroit, c'est qu'on peut y faire des casse-têtes, pas seulement en acheter. À l'avant, une station de défi à vitesse, avec un chronomètre. Giselle fait du casse-tête de vitesse en compétition, et l'idée plaît : un classement affiché en boutique change chaque mois. Au fond, une table accueille un casse-tête toujours en cours. N'importe qui peut s'y installer, pour cinq minutes ou pour deux heures.
La sélection, elle l'a montée avec soin. On y trouve les grandes marques connues, comme Ravensburger, pour que tout le monde se sente à l'aise, des importations pour les vrais mordus, et surtout beaucoup de marques canadiennes et québécoises : environ 60 % de l'inventaire. La qualité compte : une marque dont les pièces s'emboîtent mal n'entre pas en boutique.
Ses deux coups de cœur en ce moment sont Holiyay, une marque québécoise qui met en valeur des illustrateurs, et Villager, une entreprise canadienne fondée par une femme, qui travaille seulement avec des artistes canadiennes et leur verse des redevances sur chaque casse-tête vendu. Pour Giselle, que l'artiste soit payé, c'est essentiel. Elle n'a d'ailleurs presque plus de casse-têtes faits à partir d'images générées par IA, et vise zéro l'an prochain.
Sa clientèle n'est pas celle qu'on imagine. Il y a beaucoup de jeunes, souvent en groupe de deux ou trois, qui choisissent un casse-tête à faire ensemble. Giselle a l'impression qu'ils sont un peu fatigués de leur téléphone. On s'installe à une table, on jase, on prend un café, on passe du temps ensemble.
Giselle est franco-albertaine. Dans l'Ouest, elle a tenu des pâtisseries et un restaurant. Après un voyage à Québec, sa famille est tombée en amour avec la ville et s'y est installée, pour que les enfants grandissent dans un milieu entièrement francophone. Elle habite Lac-Beauport, pour la forêt et le plein air. Pendant trois ans, elle a été gestionnaire de projet au gouvernement, avec l'idée de la boutique toujours en tête. Quand le local de la rue Saint-Jean s'est libéré, elle a saisi sa chance. Elle compte aujourd'hui trois employés.
