Joëlle, du Terminus Hotel : l'ancienne gare d'autobus devenue hôtel
Joëlle n’avait pas prévu de diriger un hôtel. Aujourd’hui, elle est directrice générale du Terminus Hotel, installé dans l’ancienne gare centrale d’autobus de Québec, construite en 1958. Elle nous a fait visiter les lieux.
Terminus Hotel · 225, boulevard Charest Est, Québec (Saint-Roch)

Joëlle nous a accueillis au Débarcadère, le café-bar du rez-de-chaussée. Le nom de l’hôtel n’est pas un clin d’œil vague, nous a-t-elle expliqué. Le 225, boulevard Charest Est était vraiment la gare centrale d’autobus de Québec, le point de départ des voyageurs de toute la province. En mars 1994, la gare a quitté l’édifice, qui a ensuite abrité des bureaux. Puis, entre 2024 et 2025, il a été transformé en appart-hôtel.
Joëlle nous a fait monter pour nous montrer ce dont l’équipe est la plus fière. Le plan d’origine de la gare a été agrandi et affiché au mur. Le plancher est celui de l’époque. Tout le style de l’hôtel fait écho aux années 50 : rétro moderne, très mid-century. Pour Joëlle, ce n’est pas du faux vieux. Ce n’est pas un décor, c’est une histoire.
Joëlle n’était pas censée se retrouver là. Au départ, le plan de l’hôtel était simple : pas de réception, un enregistrement autonome avec des codes, et tout allait rouler tout seul. Dans les faits, le téléphone sonnait en pleine nuit. Joëlle s'est d'abord impliquée dans les entrevues et l'embauche, puis progressivement dans les différentes sphères de la gestion de l'hôtel, dont la promotion et le marketing, en collaboration avec l'agence qui accompagne le projet.
Le Terminus a ouvert en avril 2025. C’est un projet d’Alexandre, en association avec Oktodev, une société d’investissement immobilier de Montréal. L’immobilier, ils connaissaient. L’hôtellerie, c’était nouveau.
Le concept, c’est l’appart-hôtel : 26 unités, du studio à la suite, toutes équipées d’une cuisine. Le jour de notre visite, la plus grande suite, Fin de la ligne 02, qui accueille jusqu’à huit personnes, était préparée pour une famille avec un bébé. Chaque séjour est différent et l'équipe s'adapte aux besoins des clients. Joëlle n’a pas oublié de nous présenter Myriam, qu’elle appelle sa perle du ménage.
La clientèle est variée : des touristes, des familles, des groupes d’amis, et beaucoup de gens d’affaires. Les restaurants sont à une centaine de mètres, le Vieux-Québec à environ un kilomètre, et la gare du Palais tout près.
Pour ceux qui viennent à Québec pour le travail, le Terminus a prévu le coup. Un congrès de trois jours, une formation, quelques rencontres avec des clients : la suite Affaires offre un coin bureau pour travailler sans quitter sa chambre, et une cuisine pour ne pas manger au restaurant à chaque repas. Le Centre des congrès est à environ un kilomètre à pied. Joëlle nous a aussi fait remarquer que l’emplacement, hors du Vieux-Québec, permet des prix intéressants pour les entreprises qui envoient leurs équipes en ville.
Le Débarcadère, où elle nous a accueillis, a une particularité : il ferme tôt le soir, vers 21 h ou 22 h. C’est voulu. Joëlle le voit comme le trait d’union entre le Terminus et les autres adresses de Saint-Roch. À la fermeture, le message aux clients est clair : sortez, allez voir ce qu’il y a autour.
Cette idée-là traverse tout le Terminus. L’hôtel entretient de belles relations avec les commerces du quartier, et Joëlle aime donner à ses clients ses meilleures recommandations. Une fois par mois, quand un invité spécial séjourne à l’hôtel, il partage ses incontournables de Québec, et les partenaires sont nommés. Joëlle rêve même, un jour, d’une carte du Terminus à remettre aux clients, avec les adresses qu’elle aime vraiment plutôt qu’avec celles qui ont payé pour y figurer.
Derrière le look des années 50, l’hôtel a fait des choix bien de son époque. L’approvisionnement se fait le plus possible auprès de fournisseurs de la région. Les sources d’énergie renouvelables et les équipements à faible consommation ont eu la priorité pendant les travaux. Et des articles d’hygiène aux produits d’entretien, tout a été choisi pour être écoresponsable.
Un deuxième Terminus ailleurs ? Pas dans les plans. Le projet est déjà assez gros comme ça, nous a dit Joëlle. S’il y en avait un autre un jour, ce serait un concept différent.

Sabrina Raquer
Co-fondatrice, création

Théophile Nzungize
Co-fondateur, éditeur
